04 décembre 2007
les Désigneurs en spectacle
Poèmes à une et à deux voix
avec et sans musique
ya quinqu’à les voir
ya quinqu’à entendre ce qu’ils ont à dire
Jeudi 23 mars à 20h
Bar les 9 Billards
179 rue Saint-Maur Paris 10ème
Tél. : 01 40 40 05 42 (m°belleville ou goncourt)
&
Mercredi 29 mars à 20h
Art Brut Bistrot
78 rue Quincampoix Paris 3ème
Tél. : 01 44 59 85 04 (m°châtelet)
17:30 Publié dans agenda | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05 décembre 2006
Ta gueule Ravel !
Le vrai problème C pas l’amour
Le vrai problème C la durée
Un jour ou l’autre l’homme que tu aimes
(la femme que t’aimes)
C plus le même
(C plus la même)
Tout l’un, tout l’autre !
un étranger (une étrangère) que tu n’as plus le droit d’aimer
que t’as plus le droit de toucher
Il te regarde (elle te regarde) du haut d’une vie passée à 2
Et C fini !
T’es toute petite !
(t’es tout petit !)
Il te voit plus
Il t’entend plus
(elle te voit plus, elle t’entend plus)
La vie à 2 ça rétrécit !
Le vrai problème C pas le nœud
qui te serre au cœur et au ventre
seule dans le noir, au bout du lit
pendant des heures, toute la nuit
Nuit après nuit
Le vrai problème C pas la honte ni le mépris
C même pas cette salope qui a volé un père et un mari à sa famille
(ce salopard qui a pris leur maman à ses enfants)
Le vrai problème C le dépit (C le défi) de revenir au score d’avant
comme ya 20 ans
quand t u l’aimais et qu’il t’aimait
(quand t u l’aimais et qu’elle t’aimait)
Le problème C ton corps barré, biffé, rayé
Ton corps qui ne sert plus de trait d’union
Ton corps que tu traînes à ses pieds
Tiret trop lourd
Nul pour sa ligne !
Underscore !
Un signe pas net : ni oui ni merde
Typo boiteuse pour Internet
C ça la merde !
Le vrai problème
C l’inversion du temps qui court
ce contretemps qui fout en l’air tout ton planning
C le calcul du temps qui reste
la soustraction dans ton timing
Ta vie d’un coup en 1000 morceaux
et cette radio que tu arrêtes
en pleurnichant comme une idiote
(comme un idiot)
quand tu écoutes le boléro
qu’il écoutait (qu’elle écoutait) il y a 20 ans
quand tu l’aimais et qu’il t’aimait
(quand tu l’aimais et qu’elle t’aimait)
Ta gueule Ravel !
Tu gueules : Ta gueule !
mais dans ta tête ça continue
Tu n’y peux rien et ça te tue !
Vous étiez nus, vous étiez beaux
(Elle était belle !)
Ta gueule Ravel !
Il était beau et j’étais belle
Ta gueule !
Ta gueule !
Ta gueule Ravel !
Ca sert à rien de s’énerver
C'est vrai !
Le vrai problème, je le répète, C pas l’amour
Le vrai problème C la peur de quitter la route
où on n’avait pas besoin de savoir son code
pour aller de hier à demain
Le vrai problème C de repasser le permis de croire qu’on peut vivre encore
quand on a cru pendant des années
qu’il suffisait de se laisser vivre pour ne pas mourir
Le vrai problème C quand C plus possible de faire marche arrière
et qu’ya plus personne à la place du mort
pour nous rappeler qu’on existe encore
Le vrai problème C pas l’amour
Le vrai problème C : pas d’amour !
musique Maurice Ravel / arrgts J-P Chauvet © J. Sera-Montès
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Ya quinquà !
le texte (une version, provisoire, de la musique toute seule juste après)
A 50 ans on n'est pas vieux
Ya qu'à te voir avec mes yeux
Ya quincaddie
Ya quincabas
Ya quinqua au fil de la vie
Ya quinqua oui
Ya quinqua non
Ya quincarré, genre militaire, qui cède jamais
Ya quincanon, genre femme fatale dont la beauté ne meurt jamais
Ya quinqua la fée du logis
Ya quinqua qui rêve que d'orgies
Ya quinquagénaire
Et ya quinqua qui dégénère
Ya quinqua Pierre
Ya quinqua Paul
Ya quinqua folle
et quincasse-cou
Ya quinqua si qui se pose toujours des questions
Ya quinqua science qui a toujours réponse à tout
50 printemps
50 étés
50 automnes
50 hivers
50 fois la ronde autour du soleil
et presque 20 000 fois le tour du monde
Tant de détours pour tomber tout droit dans tes bras !
en cette saison qui m'émerveille
Toujours la même
Jamais pareille !
Draps mouillés de l'aube impatiente
ou incendiés à la remonte du crépuscule
Cernes majuscules, écume du jour
Saison d'amour toujours brutale et sans scrupules
Ya quinquà dire
Quinquà beau faire
Un demi siècle c'est une affaire
Qu'on n'a plus le temps de bâcler !
50 années
50 balais
50 tapis volants de sorciers
50 tapis volants de sorcières
Et c'est toujours le même mystère
Le dernier devient le premier !
La dernière devient la première !
A 50 ans la presbytie c'est le vertige à bout portant !
Quand on est jeune c'est pour la vie !
50 hivers
50 galères
Pour les maudits c'est le même prix !
Ya quinca d'oie dans le foie gras
Ya quincalibre sur le comptoir
Des fois ça foire
On s'refait pas !
Ya quinqualité de la vie
Y avait Cayenne
Ya toujours Fresnes
Ya quinqu'à se pencher un peu sur l’Histoire
Pour savoir qui s'ra hors la loi...
Remarquez bien, la vie nest pas obligatoire
Et elle manque pas de délestages
Pour ceux qui veulent pas finir le voyage
Ya quincasser sa pipe avant
Si ça nous gave d’être vivant
Sinon ya quinqu'à dire encore merci...
Ya quinqua oui-maintenant-ici
Et ya quinqua en marche arrière
Ya quinqua c'était mieux hier
Ya quinqua c'est toi qu'je préfère
Ya quinqua Attention je tombe !
Ya quinqua un pied dans la tombe
Ya quinqua oui
Ya quinqua non
Ya quinqu'à pas chercher à comprendre
Ya quinqu'à répondre présent ou absent
50 printemps, 50 départs
50 hivers, 50 retours
50 balais
50 tapis volants de sorciers
50 tapis volants de sorcières
LA CALVITIE EST UN GALET QUI SE SOUVIENT DU CHOC DES SIRèNES !
LA CELLULITE EST UN MIRAGE DANS LE SILLAGE TREMBLANT DES PHALèNES !
Ya pas d'âge pour aimer !
Ya quinqu'à faire bien son ménage
Pour remettre le temps à sa place
Je ne laisserai jamais ton corps à la diète
Dans la vie ya que des tournants
Ya quinqu'à se cramponner au volant !
Faut pas croire tout keskétékri sur les étiquettes
Je t'aimerai même après la date limite !
Le retour d’âge c'est le turbo !
Ya quinqua pot de rétinolQuinqua plein de fioles pour la peau, les mains, les pieds, le chat et toute la piaule !
Ya quinqua qui boit et qui fume, qui se consume par les deux bouts
Ya quinqu'à se tenir debout
Ya quinqu'à résister à l’alcool
Ya quinqu'à dire...
Ya quinqua pire
Ya quinqua molle
Quinqua fort molle
Ya quinqua dur
Quinqua bouture de géranium
Ya quinqua toujours très bel homme
Ya quinqua oui
Ya quinqua non
Ya quinqu'à croire
Quinqu'à vouloir
En amour ya pas de filets
Ya quinqu'à se laisser aller
Ou ya quinqu'à laisser filer
A 50 ans on n'est pas vieux
Ya quinqu'à pas se mettre hors-jeu
Ya quinqua Je
Ya quinqua Toi
Ya quinqua Nous
Ya quinqu'à voir
Ya quinqu'à mentir jusqu’au bout !
© Jean Sera-Montès
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musique de Ya quinquà !
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01 décembre 2006
Le "Drogstore"
Au village ils disent "le Drogstore" entre guillemets
Et rien que les guillemets, déjà, ça les fait marrer !
Epicerie-tabac
Du gaz, de la bière, du cirage, du pain...
C’est n’importe quoi
Un bar
Un bazar pour boucher les trous
Ca gagne pas de blé
Commerce assisté
Le budget a été voté pour qu’il reste une âme au milieu des blés
La Patronne est blonde, assortie aux blés
Une Dame qui rêvait d’aller voir le monde
Puis qu’est revenue
Pas plus riche ni plus pauvre qu’avant
Mais seulement, parfois, l’envie de se pendre…
Au village on s’étonne un peu qu’elle soit revenue pour sourire au mondePour servir des grogs, des demi, des blancs
Tout c’qu’on lui demande
(On sait pas toujours à quoi les gens rêvent...
et encore moins de quoi ils crèvent)
Les blés lèvent quand c’est le momentElle c’est tous les jours qu’elle s’éveille avec le soleil
pour dire bonjour à Pierre et à Paul
en haussant les épaules quand on parle d’amour
en poussant la mousse au bord des chopines
de blonde ou de rousse
Des fois, entre deux verres et un coup d’balai dans l’arrière-boutique, des idées bizarres lui traversent l’espritMais ça ne dure pas
Son corps a appris à dompter ce genre de frisson.
Les hommes qui aimeraient qu’elle soit pas toujours seulement une copine
Les femmes qui n’aiment pas que leurs hommes soient fourrés constamment chez elle
Tous ils se demandent pourquoi elle est revenue
Pour sourire au monde
Pour servir des grogs, des demi, des blancs
Tout c’qu’on lui demande :
Pamplemousses, oignons
Olives noires, moutarde
Cornichons, courgettes
Journaux et ragots…
La mort dans le ventre
Le sourire aux lèvres…
Une oreille offerte aux vents qui tournent en rond sur la place
Une oreille qui écoute la vie se plaindre et gémir
Une présence aussi, une voix, un visage
Qui redonnent à tous, chaque matin, un peu de courage
Le “ drogstore ” entre guillemetsQuand il va fermer
Je n’aim’rais pas être à la place des blés !
La Patronne, c’est parce qu’elle est trop bonne
Qu’elle n’ose pas se pendre
Mais quand elle s’ra plus là
Ca c’est sûr
Y aura personne pour la remplacer
Les corbeaux ne veulent plus faire ce genre de boulot
Les corbeaux c’est des charognards, c’est tout
C’est pour ça qu’y en a plein partout.
© Jean Sera-Montès
01:15 Publié dans musique et paroles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'attente
Oui, c'est vrai
Moi aussi je l'ai trouvé plus beau, plus serein
Son visage s'est arrondi
Il était appuyé à sa fenêtre
Il m'a regardé passer
Il m'a souri, et... je n'ai pas pris le temps de lui parler
J'ai pensé à lui un peu aprèsJe suis passée devant le chèvrefeuille qui embaumait
et j'ai pensé à lui
Il ne faisait pas très chaud ce jour-làJe n'ai pas vu le héron dans l'eau
J'ai dit bonjour à la boulangère
J'ai acheté le pain
et je suis rentrée à la maison
A la maison il n'y avait personneJe suis allée voir au jardin
Il y avait trois fraises
Je les ai cueillies pour lui
Je suis rentrée pour les laver
et je suis restée là à attendre
C'est désagréable d'attendre si longtempsquand on nous a dit " je reviens vite "
Quand on n'sait plus très bien si on nous aime
Quand on n'sait plus très bien qui on est soi-même
Quand l'autre est absent
J'ai regardé le magnoliaJ'ai pensé qu'il était tardif à fleurir
J'ai repensé au parfum du chèvrefeuille
et... Rien !
© Sylviane Thomas
00:55 Publié dans musique et paroles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 février 2006
Artistes cachés
L'histoire artistique des Désigneurs est vite contée.
Côté Sylviane, c’est le secret : son prénom de forêt, le théâtre, des sculptures… elle n’est pas très loquace. Ellle dit : C’EST MAINTENANT QUE CA SE PASSE !
Dans la préhistoire de Jean Sera-Montès on recense un poème « A ma sœur étincelante » sélectionné par Simone de Beauvoir pour la revue des Temps Modernes d’août-septembre 1978. Pierre Goldman est alors le rédacteur en chef de cette revue. J.S-M y publie sous son vrai nom : Jean-Joseph Segura. En 1979, Denis Manuel, le comédien, qui est aussi visiteur de prison, insère dans son livre de souvenirs « Première rue à gauche », paru cette année-là chez Flammarion, un poème anonyme : « Le Parloir des cigales ». Partiellement remanié, c’est actuellement le plus ancien de ses poèmes inscrit au répertoire de J.S-M. La vie passe et en 2000 un autre éclair : un micro-roman dont il prétend n’être que le traducteur. Le récit, apparemment autobiographique, est écrit à la première personne du féminin. Le pseudonyme affiché pour l’occasion : J. Sera-Montès, avec un J seulement, favorise la supercherie. La presse, locale et nationale, seront au rendez-vous, avec une poignée de lecteurs assez tenaces pour réussir à se procurer un livre qui n’est pratiquement pas distribué en librairie. Depuis J.S-M a édité des plaquettes réunissant quelques uns de ses poèmes : « Les gens » (décembre 2003 - Editions La Compagnie du Livre – épuisée) et « Poétiquement correct » (octobre 2004 - Editions La Compagnie du Livre – épuisée).
Le premier CD des Désigneurs (octobre 2005) contient deux titres : « L’Attente », un poème de Sylviane Thomas dit par Elle et accompagné par J.S-M à la guitare, et « Ta gueule Ravel ! », un poème de Lui dit avec Elle sur la musique du Boléro de Maurice Ravel un peu abrégée et bidouillée par l’arrangeur-enregistreur Jean-Pierre Chauvet.
Le Monde - juillet 2000 - Patrick Kéchichian
Le Nouvel Obs - juin 2000 - Ruth Valentini
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30 janvier 2006
Polyphonie
La déclamation bivocale (à 2 voix)
ne se contente pas d'augmenter les performances tonales et rythmiques du poème
En exploitant les incidences de son et de sens
(car il faut pas oublier la rime, ce serait un crime)
2 voix = 3 voix
(pas toujours, mais des fois...)
12:25 Publié dans spécialité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







